LE FLAIR

BLOG DE CRITIQUE
DU CHIEN QUI ABOIE

SUR LA 8e ÉDITION 2020

Les secondes funérailles ou la traversée de la brume vers le soleil

Alejandrino Carupia, ancien jaibaná (chaman) de la réserve indigène de Andabú, apparaît en rêve à sa femme Teresa Bailarín. Voulant que son esprit se libère pour gagner Karagabi, il demande une deuxième sépulture dans le cimetière blanc d’Urrao, commune d’Antioquia. Quand il est deterré, la communauté retrouve un corps momifié. Entre stupéfaction et mauvais présages, Teresa ne se résout pas à abandonner la promesse qu’elle a fait à son époux.

La venganza de Jairo, un film qui cultive le culte


Artiste de formation, Simón Hernández est réalisateur, producteur et monteur. Sa passion pour les histoires de vie et son approche documentaire l’ont amené à réaliser des films tels que Pizarro (2015) et La Venganza de Jairo (La Revanche de Jairo), présenté dans notre 8ème édition. Le Chien Qui Aboie l’a interrogé à propos de ce documentaire sur Jairo Pinilla.

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« L'homme corrompt les choses vierges... nous sommes tous Dieu et nous sommes tous le diable »

Juan Diego Escobar Alzate, nouveau talent du cinéma fantastique et d’horreur colombien, présente, dans le Panorama du cinéma colombien et pour la première fois en France, Luz, la fleur du mal, son premier long-métrage. Nous lui avons parlé de cette séduisante proposition de regarder sans se presser.

Luz, the flower of evil Quand la pénombre doit être éclairée.

On appréciera toujours que le titre d’un film soit un hommage à la matière qui fait le cinéma. On ne doit pas perdre de vue que, comme tant d’autres l’ont montré, le septième art fonctionne en modulant la lumière, en lui donnant forme, en apprivoisant ses reflets, en faisant un moyen pour de nombreuses fins. Pour cette raison, regarder Luz, le premier film du réalisateur colombien Juan Diego Escobar Alzate, c’est n’est pas simplement un hommage au septième art basé sur un label, c’est un hommage, comme il se doit, à la mise en œuvre. Luz est à la fois le titre du film, hommage au médium et, paradoxalement, le nom d’un personnage que l’on ne voit jamais, comme un prétexte symbolique pour le récit.

Exspectantia Resurrectionem [En attendant la résurrection]

L’histoire des infrastructures et, en partie, de la gloire humaine est l’histoire de la lutte contre les forces de l’eau et de la gravité. Suspensión, le film du géographe Simón Uribe, décrit cette lutte en racontant l’histoire d’une route, au sud de la Colombie. Le documentaire commence par des photos en noir et blanc, des images qui montrent la construction d’une voie sinueuse qui, comme un serpent, contourne des montagnes et des précipices couverts par la forêt.

Conversation lugubre « Le cinéma d'horreur est une forme de résistance. »

Les réalisateurs Simón Hernández, avec son documentaire La Venganza de Jairo et Juan Diego Escobar, avec son film d’horreur Luz, seront présents au Panorama du cinéma colombien. Les deux cinéastes ont parlé de Jairo Pinilla, un pionnier du cinéma fantastique et d’horreur de série B en Colombie depuis 1970.

HELICONIA de Paula Rodríguez Polanco
8e Panorama du Cinéma Colombien

Entretien avec Paula Rodriguez Polanco, réalisatrice de HELICONIA

L’expérience que j’avais eue avant le tournage d’Heliconia était plus proche du cinéma expérimental. Avec Heliconia, j’ai voulu construire une fiction mais mon point de départ a toujours été les images. Je travaille à partir d’un atlas iconographique personnel et je conçois les scènes à partir de ces images.

ARDE LA TIERRA de Juan Camilo Olmos Feris

Entretien avec Juan Carlos Olmos Feris, réalisateur de ARDE LA TIERRA

Le court-métrage Arde la Tierra (La Terre Brûle), du réalisateur Juan Camilo Olmos, dresse un portrait de la corraleja, une fête populaire taurine du nord de la Colombie. En suivant « Monchi », l’un des plus prestigieux éleveurs de la région, le documentaire nous emmène au cœur de ce spectacle. Le délire collectif, le déchainement des tensions et des pulsions, la coexistence de la joie...

LA NIEBLA DE LA PAZ de Joel Stängle

Mémoire dans la brume, réflexions sur le film LA NIEBLA DE LA PAZ de Joël Stangle.

La mémoire constitue un oxymore : elle peut être un grand trésor, avec sa multitude de souvenirs, mais elle peut être aussi un énorme vide lorsque l’on expérimente l’absence de souvenirs. Le processus oxymorique rend compte de l’inéluctable tragédie dans les rapports de l’existence. En ce sens, La Niebla de la Paz représente l’inépuisable rapport tragique entre la mémoire dans l’histoire du conflit en Colombie et les tentatives vaines de pacification

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"Fouillez le passé et vous perdrez un œil, mais oubliez le passé et vous perdrez les deux."

Juan David Correa, éditeur, écrivain et journaliste, a publié ce texte il y a quelques jours comme une réflexion directe et sans concession à propos du monde de la culture en Colombie. Nous avons adhéré immédiatement à cette voix dissonante, qui regarde et dit les choses en face. Le pays vit une période sombre, ces mots rassemblent nos inquiétudes et nos angoisses. L’avenir du secteur audiovisuel, fragilisé, est en jeu.

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Notes sur l'état du secteur audiovisuel colombien en 2020

2020 a été une année qui a ébranlé nos fondations. Pendant cette période sans précédent, le sentiment de calme et de temps distendu nous ont permis, en tant que collectif, de nous réfugier dans le CINÉMA, de nous connecter grâce à lui, de réfléchir et de débattre longuement dans le but de maintenir vivant ce lien précieux qui nous unit.

ERRE ROCK

Entretien avec l’artiste Erre

Pour moi, peindre dans la rue est une expression de liberté, c’est s’approprier l’espace censé appartenir à tous. C’est lutter contre ce qui est considéré comme juste et « bien vu». C’est faire entendre une voix, élaborer de nouvelles façons de faire les choses. C’est créer une communauté et établir de nouvelles relations en utilisant la rue, non seulement dans la ville, mais dans le monde entier.

Cinéma d'horreur latino-américain

Le cinéma fantastique et d'horreur latino-américain

"Le cinéma fantastique et d'horreur latino-américain a fait un pas de géant dans le monde entier » Le Chien Qui Aboie a discuté du cinéma d’horreur colombien et latino-américain avec Diego López, réalisateur de documentaires, écrivain, membre éminent du comité de programmation et directeur de la section Brigadoon du Festival Internacional de Cinema Fantàstic de Catalunya de Sitges.

COCA-SAGRADA

La magie de Esquina VR

Depuis 2019, le Panorama propose une nouvelle expérience aux spectateurs : la Esquina VR. Il s’agit d’un espace dédié à la découverte des œuvres de Réalité Virtuelle (VR). Interactions, immersions, jeux de perception ; un programme sans égal proposé par Simon Duflo, membre de l’équipe de programmation des films du Panorama 2020.

El hueso y la bicicleta

Ce que nous voyons, ce qui nous regarde

Depuis les débuts du collectif et du Panorama, le cinéma dit « indigène » a occupé une place privilégiée dans notre programmation. C’est un cinéma que nous avons appris à regarder, à accompagner et avec lequel nous partageons des réflexions. Nous avons été sensibles non seulement à l’intensité et à l’urgence de son contenu, mais aussi à ses paris narratifs et formels.

GOTSEZHI

Visibilité des rôles féminins dans la communauté Wiwa

Ushui, la Luna y el Trueno, réalisé par le cinéaste Rafael Mojica Gil, originaire du peuple indigène Kankuamo, et son collectif Bunkuaneyuman, est le premier documentaire recueillant la mémoire des femmes wiwas, un des quatre peuples habitant la Sierra Nevada de Santa Marta. Bien que faisant face à de multiples obstacles, les Wiwas s’ouvrent à l’innovation technologique afin de mettre en lumière le rôle fondamental des Sagas (femmes sages) et de consolider leur identité culturelle au sein de la communauté.

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La Fortaleza ou la fureur du jeune Ulysse

La Fortaleza est un film documentaire réalisé par Andrés Felipe Torres en 2019. Le film nous emmène dans un voyage frémissant et périlleux qu’entreprennent trois adolescents pour voir jouer leur équipe de football, en traversant le pays du nord au sud dans une aventure de 900 kilomètres à pied et en camion. La Fortaleza est le portrait de Jorge, Óscar et Carlos, trois jeunes qui trouvent dans le football un lieu d’amitié, de foi et de ferveur religieuse.

LA FORTALEZA

Entretien avec Andrés Felipe Torres - Réalisateur de La Fortaleza

L'approche de la barra vient de ce que nous nous sommes connus dans les rues de la ville. Nous avions l’habitude de tous nous réunir... Jeunes de différents groupes sociaux et de différentes cultures urbaines : punks, barristas, metalheads, hippies, dreadlocks, gomelos (parvenus), ñeros (marginaux)...