Panorama du Cinéma colombien

13e édition

Paris, du 14 au 19 octobre 2025

Cinémas L'Arlequin ET Reflet Médicis

Le Panorama du cinéma colombien célèbre sa 13ᵉ édition. Ce n’est pas un projet neutre. C’est une affirmation obstinée. Au cœur de systèmes obsédés par la rentabilité, où l’espace pour le collectif, la réflexion et le dialogue se rétrécit, le cinéma que nous défendons ne fait pas que survivre : il résiste, il se transforme, il mute, il s’infiltre par les fissures. Là où les grandes structures sont absentes – ou parfois trop présentes –, émergent d’autres manières de produire, d’écrire, de filmer, de regarder.

Cette édition s’inscrit dans un moment d’incertitude profonde, notamment en ce qui concerne la diffusion du cinéma colombien sur son propre territoire. Aujourd’hui, une grande partie des films produits en Colombie n’atteint le public que par le biais des festivals — des espaces eux-mêmes fragilisés. Et pourtant, les films sont là. Ils persistent.

Notre édition 2025 réunit 27 films : documentaires, essais, fictions, films d’animation, courts et longs métrages, en provenance des différentes territoires colombiens, coproduits avec la Colombie ou issus d’autres pays d’Amérique latine. Ce sont des œuvres portées par des cinéastes qui travaillent à partir de questions profondément personnelles ou nées d’élans collectifs. Des films qui donnent corps à des territoires oubliés, à des corps invisibilisés, à des mémoires enfouies. Ils ne cherchent pas seulement à représenter une réalité : ils la traversent, ils l’interrogent, ils la creusent.

Les cinémas indépendants L’Arlequin et le Reflet Médicis, partenaires fidèles depuis neuf ans, nous ouvrent à nouveau leurs portes. Nous y présenterons les films en présence des cinéastes et de leurs équipes invitées. Ces projections seront prolongées par une table ronde, moment privilégié pour élargir le dialogue avec le public et interroger les esthétiques et les enjeux que ces œuvres soulèvent.

Le programme comprend 7 longs-métrages en compétition pour le Prix du jury professionnel et le Prix du public, ainsi que 12 courts-métrages répartis en trois séances, eux aussi en compétition pour ces deux prix. À cela s’ajoute notre section parallèle latino-américaine, intitulée cette année « Archéologies contemporaines », avec 3 films qui fouillent la mémoire, les vestiges, les discontinuités, pour mieux comprendre les tensions de notre présent. Enfin, la section Petit Chiot s’adresse au jeune public : 5 courts-métrages, une invitation à découvrir le cinéma dès l’enfance accompagné d’ateliers ludiques. Car regarder, dès le plus jeune âge, c’est déjà apprendre à percevoir, à douter, à questionner.

Ce festival est à la fois un territoire de résistance et un espace de transmission. Un lieu né de l’affection et de la conviction, construit patiemment par celles et ceux qui l’ont vu naître il y a treize ans, par d’autres qui ont rejoint l’aventure en cours de route, et par tant d’autres encore, qui ont contribué avant de s’en aller. Un carrefour de vies, un espace de passage et de rencontres entre générations, une conquête laborieuse au cœur de Paris, où nous pouvons ensemble partager, le temps d’un film, un regard, une discussion passionnée, ou un silence. Parce que si le cinéma est l’école du regard, voir — surtout voir ensemble — est un apprentissage.

C’est à cela que nous vous invitons : d’abord le 4 octobre pour notre prélude, puis du 14 au 19 octobre pour le festival et pour que le cinéma colombien puisse encore être un lieu de pensée, d’expérience partagée et de regard vivant.

Équipe de production et de coordination – 2025

Notre affiche

Cette année, notre affiche vous présente une création originale de l’artiste colombo-équatorienne Powerpaola. Ce visuel nous dévoile un flot de personnages, tous différents, faisant la queue pour entrer dans la salle. Mais il ne s’agit pas de silhouettes choisies au hasard : c’est toute l’Amérique latine qui s’y incarne. Une mosaïque de cultures, de dialectes, une manière particulière de comprendre le monde, un métissage vibrant se réunissent autour du cinéma.  

 Powerpaola est une dessinatrice considérée comme l’une des voix les plus singulières de la bande dessinée latino-américaine contemporaine. Autrice des ouvrages Virus Tropical (2011), Todo va a estar bien, Nos vamos, Espero porque dibujo, Todas las bicicletas que tuve et du livre d’artiste: Amazonas édité par Arte Dos Gráfico, elle est aussi directrice artistique du long métrage animé Virus Tropical (2017), basé sur son roman graphique et sur le court-métrage Uyuyui (2011) de Santiago Caicedo. À travers ces récits graphiques empreints d’émotion, elle explore des sujets essentiels — la sexualité, la construction de l’identité, les dynamiques familiales — avec une sincérité désarmante. Elle publie une bande dessinée dans le journal El Tiempo (Colombie) et réalise les couvertures pour le supplément « Las 12 de Página 12 » ( un journal argentin). Elle vit et travaille entre Bogotá et Buenos Aires.

“J’adore aller au cinéma
Faire la queue
Aller au cinéma toute seule
Me faire des amis dans la file
Écouter les conversations sur le film en sortant de la salle
Regarder les gens
Être éblouie par le grand écran
Vivre une expérience collective
Je suis très heureuse de pouvoir créer des images de ces sentiments et de ces expériences” 
Powerpaola