Isska et Menajem forment un couple colombien converti au judaïsme et membres actifs d’une petite communauté orthodoxe de convertis dans le quartier El Guabal, à Cali. Leur désir est clair : vivre leur foi pleinement, sur la Terre promise. Pendant une année entière, aux côtés de leurs filles, ils se préparent avec dévotion et rigueur à l’alya. Ce retour en Israël n’est pas seulement un pèlerinage spirituel, c’est aussi une quête désespérée pour être officiellement reconnus comme Juifs et habiter, sans réserve, une société qui partage leur croyance.

Torah Tropical suit ce parcours fait d’échecs et de réinventions qui, par des gestes radicaux, trace une forme humble mais résolue de résistance. Le trio de cinéastes dépeint avec une grande sensibilité la confrontation brutale de cette famille aux frontières internes de l’identité juive et la manière dont ces frontières entrent en contradiction avec la tradition qu’elles prétendent préserver.

Un portrait sobre, poignant et précis, où la spiritualité s’incarne dans la capacité à se réinventer après l’échec. L’histoire d’Isska et Menajem prend parfois la forme d’un exil biblique : privés de la Terre promise, ils cherchent une forme d’appartenance et un moyen de soutenir leur foi dans le lointain tropique colombien.