Morichales nous propose un parcours ondoyant de l’exploitation minière artisanale dans l’Orénoque (une région frontalière entre le Vnenezuela, le Brésil et la Guyane), où les couleurs et les textures varient en permanence tout au long du trajet. Le long métrage intègre certains codes du travail de terrain des sciences sociales : nous observons les images et écoutons le narrateur, qui à son tour étudie avec attention et une certaine admiration les mouvements qui constituent l’archétype du mineur, les gestes et les contractions musculaires nécessaires à l’extraction des minéraux, tout comme les outils qui agissent comme une extension des mains. Une fois les richesses arrachées à la terre, la caméra s’accroche à la matière première et la suit tout au long de son parcours industriel tortueux. Doté d’une conception sonore remarquable qui incite à la réflexion, Morichales est un poème sur le travail, à la fois amoureux et effrayé par son sujet.

Morichales aura sa première française lors de notre festival, après un déjà remarquable parcours ailleurs dans le monde : la Mostra de São Paulo, le Festival International de Cinéma de Carthagène (FICCI) et Dok Leipzig, entre autres, l’ont compté dans leurs sélections respectives. Son réalisateur, l’anthropologue et cinéaste new yorkais Chris Gude, revient avec ce film à la Compétition Long métrages de notre festival (son deuxième long métrage, Mariana, avait fait partie de cette sélection en 2018).
Pablo Carrizosa