BARRIO TRISTE

UN FILM DE

Stillz

Colombie - Etats-Unis | 2024 | 1h28

VOSTF

Compétition Longs-Métrages

PACCPA14

13.10.2026

Mardi 13 octobre 2026 à 20h00

Cinéma L'Arlequin

76 rue de Rennes, 75006 Paris

Film d’ouverture

Un reportage télévisé sur l’observation de lumières paranormales à Medellín à la fin des années 80 marque le début de cette histoire qui oscille entre la normalité empreinte d’une violence extrême de l’époque et la quête constante d’une réalité différente, d’un paranormal.

Dans “Barrio Triste”, le réalisateur colombo-américain Stillz évite la reconstitution historique conventionnelle pour transformer le Medellín de la fin des années 80 en un territoire où la violence et l’inexplicable coexistent à travers la mémoire fragmentée et l’expérience sensorielle.

Le film suit un groupe d’adolescents qui filment leur quotidien avec une caméra qu’ils viennent de voler, dans un récit oscillant entre le réalisme le plus brutal — marqué par le trafic de drogue, la pauvreté et la mort — et la quête d’une réalité alternative, où d’étranges lumières, des distorsions temporelles et un sentiment constant de transcendance semblent offrir une échappatoire possible.

Loin de romancer l’horreur, Stillz construit un univers visuel et sensoriel cohérent où le langage du found footage, la photographie brute et la musique hypnotique d’Arca transforment la violence en une expérience physique, mais aussi métaphysique. Le mélange fluide des genres et des langages, entre faux documentaire, fiction et esthétique des jeux vidéo, donne naissance à une œuvre très contemporaine, à l’esprit punk, où le chaos formel reflète le désarroi de ses personnages.

Il en résulte un film qui ne cherche pas à expliquer Medellín, mais à saisir l’état émotionnel d’une génération prise au piège entre le désespoir et le désir de croire qu’il existe quelque chose au-delà de la réalité qui lui a été imposée.

Avec “Barrio Triste”, Stillz fait un pas décisif vers le long métrage après une carrière reconnue dans la photographie et le clip vidéo. La production d’Harmony Korine apporte une affinité artistique à une œuvre qui s’affranchit des conventions narratives. Après son passage aux festivals de Venise et de Toronto, le film consolide un parcours international qui le positionne comme l’un des premiers films les plus audacieux et originaux du cinéma latino-américain de ces dernières années.

(Lilia MANOLOVA)