"Virus Tropical", l'attachante épopée d'une jeunesse

Un article de Louise Le Danvic
le 21/10/2019

Virus Tropical est une animation du réalisateur colombien Santiago Caicedo. Elle est adaptée de la bande dessinée du même nom de l’illustratrice
Powerpaola (Paola Andrea Gaviria Silguero) publiée en 2011.

Adaptée de la bande dessinée de Powerpaola, l’animation Virus Tropical narre l’attachante épopée d’une jeunesse, celle de Paola. C’est elle qui nous raconte sa naissance, en tant que dernière arrivée dans une famille déjà bien mouvementée. On l’accompagne le long des étapes de son enfance, puis de son adolescence. L’intrigue se situe entre l’Équateur et la Colombie. Paola naît à Quito d’un père prêtre qui quittera la famille pour se consacrer à son serment et d’une mère qui devait être stérile. Pas banal. Elle est entourée de deux grandes sœurs qui elles aussi finiront par s’éloigner de la maison familiale. Dans cette animation, Santiago Caicedo explore la complexité de trouver sa place au sein de l’environnement dans lequel nous naissons. Tel pays, telle famille, tel corps qui vont influer sur la conquête de soi. Paola s’interroge, avec son regard d’enfant devenant adolescente, sur la vie, les relations. Les thématiques abordées sont nombreuses : l’amitié, la sororité, l’amour, le sexe, la religion, la drogue, l’humiliation, l’émancipation, tout y passe.

Santiago Caicedo a très bien su refléter les interrogations de cette petite fille qui grandit entourée de figures féminines fortes. Paola fait son bout de chemin, elle observe ses modèles, sa mère, ses sœurs, les copient ou au contraire s’en défait. 

La phase d’observation passée, elle prend les rênes et se laisse porter ce que lui dictent ses élans, elle forge sa personnalité. D’abord choyée dans le cocon familial, elle sera amenée à vivre sans la présence de ses parents, prenant sa sœur aînée comme référence maternelle, jusqu’à prendre la décision de poursuivre sa route seule. Le noir et blanc de l’animation n’enlève en rien la vivacité des couleurs qui ponctuent la vie de l’héroïne. La bande son d’Adriana Garcia Galan nous prend au corps, et s’accorde avec le rythme de vie de Paola.

On retiendra de cette belle animation la justesse du ton, l’humour et l’appel d’une douce nostalgie qui s’empare de nous, revoyant quelques bribes de notre enfance à travers le parcours de cette jeune fille. Il y a forcément un moment où l’on se reconnaît en Paola. En sa force, ses doutes, ses prises de décision. On reste songeur sur ce qui va bien pouvoir arriver à cette petite fille devenue femme, on attend un second volet. Car on ne veut pas se débarrasser du Virus Tropical.

Louise Le Danvic | LE CHIEN QUI ABOIE

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