Mercedes Gaviria / Colombie, Argentine / 2021 / 18’

Proposer une définition et une expérience du silence, voilà un exercice bien périlleux. En quelques minutes, et en huis clos dans un appartement confiné, c’est pourtant le tour de passe-passe que réussit Mercedes Gaviria, qui revient au court-métrage après Como el cielo después de llover (2020), avec son cinquième film, présenté au FID Marseille.
L’oreille indiscrète, du peintre flamand Nicolas Maes, se fait fil rouge de cette réflexion sur le son et ses interstices créateurs de silence. Mais le tableau est aussi une invitation à l’écoute, et c’est ainsi en partant de l’intimité du chez-soi qu’Otacustas (ce terme désuet désignant une personne écoutant aux portes) ausculte le monde, se faisant fenêtre sur une humanité en temps de pandémie.

La jeune réalisatrice, également ingénieure du son, replace par ce geste le son au centre du cinéma, accompagnant l’image, lui donnant forme. Une petite leçon de cinéma, toute en délicatesse et à pas feutrés.